Deuxième jour de mon périple Basque. Ici, les nuits sont courtes, le vœu du délégué général du festival Marc Bonduel étant de faire de ce festival : « une grande fiesta ». Tous les soirs, les repas sont l’occasion de s’attabler avec les réalisateurs avant de finir en écoutant un concert au cours duquel alcool et paroles sont bu comme du petit lait. Mais bon, il y a aussi du cinéma...

Les œuvres projetées amènent à réfléchir sur la place du cinéma latin de nos jours et dans notre monde. Si dans les années 70, à l’époque de Glauber Rocha et du cinéma novo, les œuvres étaient tournés vers le militantisme et le cinéma d’action sociale, aujourd’hui le nerf de l’action se trouve dans l’entraide des Hommes. Parfait exemple de cela que le film Brésilien d’ouverture, O ano em que meus pais sairam de ferias (En français dans le texte : Le jour où mes parents sont partis en vacances) de C. Hamburger, vision du brésil des années 70 et de la montée de l’oppression militaire pendant la coupe du monde de football. Cette fiction relate les faits des habitants d’une communauté juive de Sao polo pour aider un jeune garçon dont les parents ont dû partir pour éviter l’emprisonnement. C. Hamburger colle au plus près de son personnage pour nous faire ressentir sa solitude. On regrette juste l’utilisation de l’enfance afin de, vous me pardonnerez l’expression, faire pleurer dans les chaumières.

Comme beaucoup de réalisateurs et acteurs présents lors de ce festival, le réalisateur du court métrage Picolé, Pintinho e Pipa, Gustavo Melo explique que l’entraide existe à cause des problèmes comme dans son film donnant une vision particulière du tri collectif dans une des favelas de Rio de Janeiro. Avec ce projet, il veut prouver aux spectateurs que les favelas ne sont pas que des coupe-gorges. Il y règne aussi une sincère solidarité. Une jolie œuvre même si elle rappelle un autre court-métrage brésilien de Jorge Furtado, Ihla das Flores (1989).

Histoire de profiter un peu de la plage, j’arrête un peu le festival pour aller sur le rivage. Hélas, si la pluie s’est un peu calmée, la timidité du soleil ne permet pas la résurgence du deux pièces. Ce n’est pas encore cette année que je pourrais conter fleurette sur les plages de Biarritz. A la place, je sors ma planche afin de travailler ma nouvelle figure de surf (le off the lip) sur un point break (pas le navet avec Keanu Reeves mais une vague déferlante sur fond de rocher). Quoique si j’allais au cinéma…

Benjamin Flores