Biarritz - Jeudi 27 septembre 2007
Par La Rédac' le jeudi, septembre 27 2007, 23:59 - Lien permanent
La chaleur et le soleil sont de retour sur Biarritz. Hélas, le temps me manque pour en profiter pleinement puisque la fréquentation du festival m’occupe toute la journée, voir la nuit. Cela dit, je ne me plains pas : les surprises sont de taille et les rencontres nombreuses. Hier, pendant le dîner officiel, les Brésiliens présents ont enflammé la salle après avoir appris que le long-métrage en ouverture de Biarritz concourrait également aux Oscar (pour info : O ano em que meus pais sairam de ferias). Une nouvelle qui a immensément réjouit l’acteur principal (Michel Joelsas) et qui a insufflé l’idée d’un film en forme de félicitation : les jeunes réalisateurs invités à Biarritz vont écrire un scénario ensemble et le tourner avec Joelsas dans les couloirs. Je ne vous raconte pas le box que ça va mettre…
Vous le savez, tout festival qui se respecte a son hommage. Ici, il est rendu à l’acteur mexicain Pedro Armendariz JR, acteur emblématique avec une filmographie comptant plus de 150 films (aussi bien commerciaux que d’auteurs). La pasion segun Berenice exprime bien l’étendue de ses talents (ce qui est commode puisque c’est un des seuls films que j’ai eu la chance de voir…). Jaime Humberto Hermosillo, le réalisateur, y narre l’histoire d’une jeune femme prête à tout pour conquérir l’homme qu’elle a choisi. Cela inclut évidemment le mensonge et la manipulation. Selon Armendariz, cette œuvre a marqué l’histoire de son pays de manière sociologique puisque la place de la femme n’y avait alors que très peu d’importance. Un personnage de cinéma a ouvert la voie de la modernité aux mexicaines, réalité où idéalisme ? Je ne sais pas mais en tout cas, il y croit dur comme fer…
Un autre long, cubain celui-là, a réussi à imprimer mes circuits : La noche de los innocentes. Ce film noir reprend les codes classiques inventés par ceux qui ont mis un embargo sur l’île, je veux bien sûr parler des américains. Un travesti de La Havane est tabassé ; un ancien policier va tenter de savoir qui as pu s’en prendre à lui comme cela. L’histoire simple est truffée de clins d’œils comme les affiches des classiques du genre ou la présence, en citation, de Humphrey Bogart. Le projet ne s’arrête pourtant pas à ces simples coucous puisque le réalisateur Arturo Sotto se sert de la structure narrative balisée pour évoquer le malaise social cubain et, tout comme Robert Aldrich dans Kiss me Deadly, montre l’île sous son vrai jour. Autant vous le dire, cela ne ressemble en rien à une station balnéaire où le système de santé est miraculeux...
Ce soir sera pour moi celui du dernier repas avant mon départ et j’espère que l’ambiance sera aussi caliente que celle d’hier. Sait-on jamais, les Oscar appelleront peut-être un réalisateur Argentin cette fois.
Benjamin Flores
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