Ce matin, c’était l’effervescence puisque une petite partie de la rédac triée sur le volet (en fait, les seuls ou presque disponibles et prêts à sacrifier leur pause déjeuner) allait découvrir le nouveau film de Mel Gibson, l’ami des Mayas, Apocalypto. Dans l’ordre d’arrivée (élément important vous comprendrez plus bas), Jean-Noël, Laurent, Julien, Flavien, Sandy (pour une fois pas le dernier) et Vincent. Tout ce beau (si, si) petit monde était donc fin prêt avec 400 de leurs collègues à se laisser embarquer dans l’aventure exotique du sieur Gibson.

Le début des hostilités était prévu pour 11h 30 (voilà pour le sacrifice de la pause déjeuner puisque le père Mel nous a concocté une œuvre de 138 minutes). Etait puisqu’à 11h 45, la lumière restait bien allumée et nos conversations croisées (« Le nouveau monde, ça va être le meilleur film de la rédac » : Julien, « Tiens à la cinémathèque, il y a… » : Flavien, « Le PSG va renaître de ses cendres, si je vous l’assure ! » : Sandy,…) continuaient de plus belle. Un petit retard à l’allumage, ça peut arriver d’autant qu’une gentille émissaire vient nous prévenir qu’il y a bien effectivement un souci technique et que la projection va commencer dans un petit quart d’heure. Souci technique ? Ils ont perdu les sous-titres en Maya ? se demande Jean-Noël qui se jure de relever le défi de tout comprendre au film après avoir parcouru le glossaire rudimentaire de la langue figurant dans le dossier de presse.

Pas grave, on est tous de bonne humeur (ce n’est pas tous les jours que l’on peut assister à une grosse projection aussi tard dans la mâtinée, d’habitude, c’est plutôt 9h 30 - 10h avec en prime les ronflements de certains…Laurent est demandé à la barre des accusés). Seulement, les minutes continuent de défiler et la gentille demoiselle qui se place désormais de plus en plus haut dans la salle et de plus en plus prêt d’une sortie de secours (aurait-elle peur de connaître le triste sort du héros du dernier film de Mel ?) vient nous dire que la projection va bientôt commencer mais qu’il y aura une coupure de deux minutes après la première bobine. Pas grave miss, balance le film car l’estomac commence doucement à nous rappeler qu’il est finalement plus le temps de manger que de se mater du Gibson.

12h 45 : réapparition de la dame en noir qui avec un ton des plus compatissants nous annonce que la projection est annulée. Après une série de vannes toutes plus grasses et nulles les unes que les autres (« on n’a pas vu le temps passé, il est fort ce Mel », « Un sens de l’ellipse sidérant », « J’ai eu du mal à comprendre la signification du dernier plan »,…), l’équipe d’Ecran Large quitte la salle en se disant rendez-vous dans quelques jours pour une nouvelle aventure apocalyptique. Reste plus que quelques heures pour trouver une nouvelle une pour mercredi car on a beau être super pro à Ecran Large mais la critique d’un film invisible, on n’a pas encore réussi à le faire.